Dominique Rolin, son bilan sur le bonheur

Née en Belgique en 1913, décédée en mai 2012, Dominique Rolin s’installe à Paris en 1946 et obtient, en 1952, le prix Femina pour Le Souffle (Seuil, 1952). Elle a publié une quarantaine d’ouvrages qu’elle qualifiait elle-même de « fictions vraies », parmi lesquels Trente ans d’amour fou (Gallimard, 1988), Le Jardin d’agrément (Gallimard, 1994) et Journal amoureux (Gallimard, « Folio », 2001), dédiés à sa relation avec un homme de vingt ans son cadet.

Lors d’une interview, alors qu’elle avait 94 ans, elle avait confié ce qu’il l’avait rendue heureuse…

« Comme tout un chacun, j’ai vécu des moments merveilleux et des moments difficiles au cours de mon long trajet de vie. Mais j’ai trouvé le bonheur lorsque j’ai découvert le moyen de concilier, parfaitement et sereinement, ma vie personnelle et ma vie professionnelle, ma vie privée et ma vie publique.

Cet équilibre-là, cet équilibre parfait qui a signé l’entrée du bonheur dans ma vie, je l’ai atteint lorsque j’ai commencé à écrire, à vivre avec les mots, à vivre des mots. Cette plénitude dure depuis cinquante ans et ne m’a jamais quittée. Ainsi, mon dernier grand bonheur a été d’apprendre que j’allais entrer dans le dictionnaire Larousse. Moi, au milieu des mots… Quelle joie ! Quelle consécration de ce qui fut le centre de ma vie !

Pour autant, la quête du bonheur est un combat qui n’est jamais fini. Il faut lutter pour que cet équilibre perdure et il faut parfois y mettre toute la violence de son vouloir. On ne le dit pas assez et c’est pour cela qu’il y a tant de gens malheureux. J’ai toujours conservé, dans les moments hauts comme dans les moments bas, la certitude que le bonheur était là, comme en suspens. Et il ne m’a jamais fait faux bond parce que je l’ai toujours sollicité, veillé, espéré. Du coup, je n’ai pas peur de la mort parce que j’ai le sentiment de n’avoir rien raté. J’ai vécu émerveillée. »

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