Conflit et victoire

 

Celui qui veut vaincre un conflit

doit précisément ne pas vouloir y être victorieux.     

Eugen Drewermann

Photo de stevepb – pixabay

L’acharnement à vouloir gagner, à vouloir avoir raison, nous fait déployer une énergie qui nous épuise. 

Quand nous rentrons dans le rapport de force, nous orientons notre énergie pour prendre l’ascendant sur l’autre, le dominer. On veut prouver, convaincre, forcer l’autre à changer…

Ne pas engager de volonté à gagner, c’est voir le conflit comme une situation qui demande de la compréhension :

  • besoin de comprendre ce qui se passe : en moi, en l’autre,
  • besoin de rétablir une communication
  • besoin de trouver une issue, une solution, un compromis

Mes attitudes-actions sont dirigées vers les faits, les solutions possibles, avec les outils de questionnements, d’écoute, de dialogue, etc., avec un réel désir d’évolution, la volonté que chacun apprenne quelque chose et trouve une solution suffisamment satisfaisante.

Et je peux être seul(e) dans cette démarche, je n’ai pas à convaincre l’autre qu’il doit voir les choses comme moi, sinon je recommence à exercer ma volonté de le changer ! et à vouloir gagner !

Si je dis vouloir à tout prix gagner, j’exclus le fait que je puisse me remettre en question. Dommage, non ? Parce que j’ai la capacité à modifier des choses en moi qui peuvent me rendre plus apte à mieux vivre la situation. Si je laissais de côté tel aspect ? ou tel autre ?… est-ce que cela me permettrait de me sentir mieux ? et de faire avancer la situation ? Je dois bien sûr être attentif(ve) à mes besoins profonds, et rester dans le respect de moi-même.

Je vois alors le conflit comme une occasion d’évolution, un réajustement de la relation. Et lorsque l’autre ressent que je ne suis pas dans la lutte, le combat, il ne se sent pas menacé, et finit par utiliser d’autres moyens d’appréhension de la situation, parce que mon attitude neutre l’entraîne à voir plus clair, à percevoir la possibilité de mise en commun de moyens pour atteindre notre objectif.

Et lorsque je ne suis pas dans l’expression de cette volonté de gloire, mes énergies présentes dans la relation avec l’autre seront plus élevées, nourries de meilleurs sentiments ; la bienveillance ressentie permettra de dépasser la situation plus facilement, de manière plus harmonieuse. Et c’est ainsi que le conflit se trouve plus vite résolu.

Et gagné ensemble.

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