Des pensées longues pour notre équilibre

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« Nous sommes submergés par de plus en plus d’attractions externes et de distractions. Activités creuses de remplissage mental et comportemental.

Or, comme il faut des silences pour que la parole se fasse entendre, il faut de l’espace mental pour que la conscience et l’intériorité émergent.

Le disque dur de notre conscience est encombré de trop de choses inutiles.

Car la conscience, c’est de l’intériorité.

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Plus nous courrons après de l’externe, moins il y a de conscience. Ces vols d’attention et de conscience aboutissent donc à des déficits d’intériorité. Ils entraînent aussi un raccourcissement de nos pensées.

Comme le dit Tiziano Terzani : « Aujourd’hui, nous sommes énormément sollicités, si bien que notre mental n’est jamais en paix. Le bruit de la télévision, le son de la radio dans la voiture, le téléphone qui sonne, le panneau publicitaire sur l’autobus qui passe juste devant. On n’arrive pas à avoir de pensées longues. Nos pensées sont courtes.

Nos pensées sont courtes parce que nous sommes très souvent interrompus. »

Nos pensées sont courtes et pas toujours tournées vers le dedans, mais comme enfermées dehors par le tumulte et le chatoiement de ce monde factice. Elles sont en dehors de nous ; elles finissent par ne plus être nos propres pensées, mais juste des contenus mentaux stéréotypés venus de l’extérieur, échos de ce monde sans âme.

L’écrivain Louis-René des Forêts écrivait : « La surabondance n’a rien à voir avec la fertilité. »

Nos esprits perdent leur fécondité à trop se laisser remplir par le vide des tapages extérieurs…

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Alors, bien sûr, quand on essaye de penser et de pratiquer l’introspection, c’est-à-dire de réfléchir par soi-même, au calme, au silence, dans de la continuité, on ne sait pas ou on ne sait plus. Pire : comme on en a perdu (ou jamais acquis) l’habitude, surviennent alors des angoisses, de l’ennui, ou des ruminations qui tournent en rond. 

Alors vite, vite, nous opérons un retour vers l’extérieur de nous-mêmes, retour à ce tumulte et ce remplissage rassurants. Nous souffrons ainsi d’un déficit généralisé d’intériorité.

Car il manque dans notre société tout ce qui permet l’introspection. Nous sommes carencés. »

Extrait de "Méditer, jour après jour" de Christophe André

 

Le syndrome de la pantoufle en pleine aventure

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« C’est lorsque vous avez chaussé vos pantoufles que vous rêvez d’aventure.

En pleine aventure, vous avez la nostalgie de vos pantoufles ».

Thornton Wilder

Paires de Chaussures

Où êtes-vous ?… Là ? Bien présent ? Ou êtes-vous entrain de penser que vous aimeriez être ailleurs ? Et une fois ailleurs, vous regrettez peut-être de ne pas avoir su tirer le meilleur parti de cette soirée…

Désirer être ailleurs réduit la capacité de votre attention à s’enrichir de tout ce qui est ici et maintenant.

Intensifier sa présence, habiter les situations que l’on traverse par la conscience, nous rend plus vivant.

S’observer dans l’expérience de la vie ordinaire, parfois même de l’ennui, nous fait prendre du recul sur nos attentes, freine notre dispersion mentale, et nous fait sentir qu’on est là, simplement.

C’est à partir de ce focus sur l’instant présent vécu que vous pouvez déployer vos sensations, votre écoute, votre réceptivité à l’autre, ou à l’environnement.

Se désencombrer de pensées inintéressantes qui n’ont que le rôle d’aspirer votre attention là où vous n’êtes pas, de vous faire regretter… vous rendre impatient…, met en mouvement la pleine conscience, ouvre votre esprit à l’ordinaire.

Vous n’êtes donc plus dans l’attente d’autre chose, mais dans la Vie.

Bien dans vos baskets ET bien dans vos pantoufles ;-)

     Alors maintenant, à vous d’être acteur !…

Rendez-vous sensible et présent à ce que vous regardez… 

Laissez-vous toucher par votre quotidien…

Invitez en vous le monde pour découvrir sa subtilité et sa diversité…

Ce qui peut être fait, pour tenter d’aller bien

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Ou ce qu’on peut tenter de faire, pour être bien…

Je trouve une multitude de pépites dans le livre de Christophe André : « Et n’oublie pas d’être heureux », aux Editions Odile Jacob. Parcourir cet abécédaire de psychologie positive me relaxe lorsque le soir je suis trop fatiguée pour entamer une longue lecture…

Cours d'eau

Avec vous je partage la note rédigée à « Seuil du bonheur » :

« C’est lors d’une discussion avec un ami sceptique, exigeant et rigoureux, qui traverse une période de petite déprime existentielle et me demande comment je pratique moi-même mes exercices de psychologie positive : « Qu’est-ce que tu fais tous les jours, ou presque tous les jours, pour tenter d’aller bien ? » Je lui explique que parmi les choses quasi quotidiennes que je pratique, il y a entre autres la méditation le matin, la marche dans le bois près de chez moi dès que je le peux, et tous les soirs m’endormir en songeant à trois bons moments de la journée.

« Trois par jour, s’écrit-il, ça me semble énorme ! C’est quoi, un bon moment pour toi ? » Je lui raconte alors les prises toutes fraîches de ma pêche aux bonheurs : j’ai observé une sitelle (petit oiseau des bois) dans mon jardin ; j’ai reçu une belle lettre de remerciements d’un lecteur ; je me suis dit qu’une personne de ma famille, qui va souvent mal, allait bien en ce moment ; j’ai regardé plusieurs fois les nuages passer dans le ciel ; je n’ai eu aucune mauvaise nouvelle qui m’aurait attristé ou inquiété.

« Ah d’accord ! Je vois : tu mets le seuil très bas ! Du coup, effectivement, tes journées ordinaires sont des journées heureuses. » Ben oui, camarade. Pas besoin de gagner au Loto ou d’acheter des nouvelles chaussures ou d’être sauvé de la mort. La vie ordinaire, le plus souvent, nous donne des tas d’occasions de nous réjouir. Le seul effort à faire est un effort d’attention : à détourner, au moins un moment, de nos soucis. Et à diriger, au moins un moment, vers tout le reste de la vie. »