Vos croyances

Mis en avant

Ce sont nos croyances, les « accords » que nous avons passés avec nous-mêmes, qui nous incitent à faire des suppositions à propos de tout.

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Lorsque vous remarquez que vous déduisez mille choses (souvent désagréables) d’un événement donné, prenez le temps de rechercher quelle croyance douloureuse celui-ci réveille en vous.

 

Etes-vous interne ou externe ?

Mis en avant

Explication de la théorie du lieu de contrôle

et conclusions managériales.

La croyance que nous avons ou pas un certain contrôle sur l’issue d’une situation donnée a des répercussions importantes sur notre action et notre motivation, et de façon générale sur l’estime de soi. De nombreuses expérimentations en psychologie montrent les effets négatifs (perte de motivation, découragement, dépression…) d’une exposition à des événements incontrôlables ou jugés comme tels. Inversement un sentiment de contrôle réel ou illusoire sur une situation a des effets positifs et améliore la performance des personnes.

Où en êtes-vous ? Concept du lieu de contrôle

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Le concept du « lieu de contrôle » développé par Julian Rotter, un psychologue américain, occupe une place importante en psychologie. Cette théorie met en avant le fait que les gens ont une perception différente par rapport au contrôle qu’ils estiment avoir sur les événements de leur vie.

Certaines personnes dites « externes » ont le sentiment que le résultat de leurs actions est influencé par des forces externes comme le hasard, la chance, des gens puissants alors que d’autres personnes dites « internes » sont convaincues que ces événements sont davantage sous le contrôle de leurs efforts, leurs talents et leurs actions.

Évaluation du lieu de contrôle

Rotter (1966) a élaboré une échelle du lieu de contrôle interne-externe pour mesurer le degré de croyance d’un individu dans sa capacité à agir sur les événements de sa vie (lieu de contrôle interne) ou au contraire la croyance selon laquelle ce qui lui arrive est le résultat de facteurs externes échappant à son contrôle (lieu de contrôle externe).

Le questionnaire comporte vingt-neuf items dans lesquels il faut choisir entre deux affirmations du type :

– « les gens peuvent être considérés comme des victimes des circonstances » ou : « ce qui arrive aux gens est le plus souvent de leur fait »

– « il est irréaliste que je peux influer sur les croyances des autres » ou : « quand j’ai raison, je peux convaincre les autres »

– « le citoyen peut influer sur les décisions gouvernementales » ou : « nous sommes gouvernés par une poignée de gens puissants et nous ne pouvons rien y changer », etc.

Internes – Externes

Différentes études ont montré que les sujets internes sont généralement plus persévérants, plus confiants, plus indépendants et résistent mieux à l’échec que les sujets externes. Par exemple, les études menées sur des entrepreneurs à succès montrent que ceux-ci ont la conviction qu’ils réussiront s’ils travaillent dur et maintiennent un bon contrôle sur le développement de leur affaire. Ils ne croient pas que le succès ou l’échec de leur société est dû au destin ou à la chance.

D’autres études (Cooper, Dewe, 2001) ont montré que les personnes internes sont plus résistantes au stress que les personnes externes. La conviction des premiers qu’ils peuvent agir sur les événement accroît leur confiance dans leur capacité à gérer la situation stressante, leur permet de relativiser, de chercher des ressources par rapport aux personnes externes qui s’estiment plus vulnérables par rapport à ces situations et ne développent pas la flexibilité pour s’adapter aux situations de stress.

Conclusions managériales

Selon la théorie du lieu de contrôle, un sujet interne se sentira davantage acteur de ce qui lui arrive alors que le sujet externe pourra se sentir tributaire ou victime d’événements en dehors de son contrôle. Ce lieu de contrôle est un élément explicatif important de la personnalité et du comportement individuel dans les organisations.

Ainsi les personnes « internes« , davantage convaincues de leur capacité à influer sur les événements pourront être plus à l’aise dans des postes à forte initiative et moindre supervision. Ils seront aussi plus sensibles que  leurs homologues « externes » à des renforcements tels des primes de performance qui confirmeront leur croyance que ce sont leurs efforts qui amènent des récompenses, ce qui les encouragera à persévérer.

Les personnes plus « externes » en revanche s’accommoderont mieux de postes plus structurés avec des hiérarchies plus pesantes. Ils pourront davantage attribuer des primes reçues à la chance ce qui les encouragera moins à répéter des comportements de performance.

L’anticipation de réussite, une clé pour l’action

Rotter insiste sur le fait que le comportement humain est déterminé non seulement par les récompenses qui peuvent suivre immédiatement une action mais de façon tout aussi importante par les attentes ou anticipations de récompense qu’ont les personnes.

De fait, les individus internes, plus confiants dans leur conviction d’agir sur leur environnement, auront une anticipation de succès plus grande, seront donc plus persévérants et connaîtront tendanciellement plus la réussite.

Ces réflexions suggèrent l’intérêt d’augmenter le degré d’internalité chez certaines personnes. Le développement de l’estime de soi et une vision plus interne de son action peuvent y contribuer.

Extrait de « La psychologie du manager » de Patrick Amar aux Ed. Dunod.

Photo « Le coffre aux images »