Jacques Brosse, ce qui l’a comblé…

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Né en 1922, mort en 2008, Jacques Brosse était philosophe, naturaliste, encyclopédiste et maître en méditation zen. Il a écrit une quarantaine d’ouvrages, dont le dernier en 2007, « Pourquoi naissons-nous ? et autres questions impertinentes », paru chez Albin Michel.

Lors d’une interview, à l’âge de 85 ans, il nous avait confié

ce qui l’avait comblé durant sa vie…

« Ma vie est assez réussie. J’ai fait ce que je voulais faire et j’ai vu à peu près tout ce que je voulais voir sur terre. J’ai beaucoup voyagé. Connaître ma femme a été un événement majeur. J’avais 17 ans. Nous sommes toujours ensemble. Nous avons une entente sur beaucoup de choses. Jeune, je n’avais pas conscience du bonheur, je m’en suis rendu compte après. Le bonheur est pour moi toujours rétrospectif.

Je l’ai véritablement découvert la première fois, à 17 ans, pendant mon séjour à Périgueux, en tant que pensionnaire. Je me suis trouvé libéré de mon père qui était un homme très sévère et très austère. Je faisais ma philo, ça m’intéressait. J’étais le surdoué, le futur grand poète. Tout le monde pensait que Jacques Brosse allait passer à l’immortalité. J’étais vraiment très gâté.

La méditation m’a conduit à peindre des mandalas. Parfois, j’ai des périodes sombres, mais mes peintures sont toujours gaies, comme si je retrouvais au fond de moi la source de la joie. C’est l’expression d’un état d’harmonie : cela mène à un soi magnifié.

Pour être heureux, il faut le vouloir et trouver le moyen de l’être. J’ai toujours vécu à la campagne, c’est indispensable à mon bien-être. La nature donne sans compter des possibilités de se réjouir. Je travaille la terre et là, il y a le plaisir de voir les choses pousser, les arbres que l’on a plantés se mettre à fleurir… L’arrivée des hirondelles, c’est un délice ! J’ai des dialogues passionnés avec les bêtes. Ces moments-là, ce sont des instants d’éternité. La nature est une source de contentement, si on y fait attention : une rencontre avec un oiseau, une fleur, un insecte, ça suffit. Il faut juste prendre son temps et utiliser ses sens pour découvrir son bonheur du jour. »